Corberon à travers les siècles

Corberon (corberonis, courberon) a été de tous temps un lieu de passage important. Une voie romaine traversait son territoire à l'emplacement de l'étang de Champjarley, venant de Chalons et se dirigeant vers Argilly ; des vestiges de construction situés le long de cette voie laisse supposer la présence d’un poste militaire ;
Deux embranchements desservaient des villas romaines situées l'une à proximité de la route de Corgengoux à la sortie de Corberon, l'autre au bord du Meuzin au lieu dit « la corvée » dans le prolongement de la rue Magnien . Un hameau appelé « Jougnes » aujourd’hui disparu et dont l’emplacement reste un mystère, figurait dans les « cherches de feux » jusqu’en 1350

Par la suite, notre village est resté ce point de passage obligé entre la Saône et la cote aussi bien pour le transport des produits de toutes natures que pour les invasions des armées étrangères ou pour le passage des troupes qui allaient combattre les comtois. Un relais de poste, bien pourvu en petit vin blanc réputé du pays était l’ultime refuge des voyageurs avant la traversée réputée dangereuse (à cause des brigands) de la forêt de Champjarlay. Le célèbre bandit Mandrin a même passé la nuit à Corberon avant de se lancer à l’attaque de Beaune.

La route départementale 973 a longtemps porté le nom de voie royale ou voie impériale suivant les régimes à la tête de la France, elle a même été « route nationale »

Avant d’atteindre le chiffre actuel de 450 habitants, la population du village a fluctué durant les siècles avec un maximum de 550 habitants en 1856 et un minimum de 218 en 1975.

A Corberon jusqu’au début du siècle dernier, les activités forestières, agricoles et viticoles donnaient du travail à un grand nombre de corporations ; bûcherons, charbonniers, fagotiers, écorceurs, débardeurs, scieurs de long pour la forêt ; cultivateurs, éleveurs, journaliers, charretiers, pâtres, tacherons pour l’agriculture ; sabotiers, maréchal-ferrants, foudriers, tonneliers, bourreliers, vanniers, tisserands, couturières pour l’artisanat ; aubergiste, cafetier, épicier, boulanger pour le commerce. L’exode rural et la modernisation ont provoqué leur disparition ; l’élevage, la vigne, les petites exploitations agricoles, l’artisanat rural, les petits commerces ont presque tous cessé d’exister.

Corberon n’est toutefois pas resté à l’écart du progrès : En 1886 une ligne télégraphique aboutissait à la poste ; la fée électricité est apparue vers 1911 uniquement pour l’éclairage public. A cause de la première guerre mondiale il faudra attendre 1923 pour que la commune adhère au syndicat d’électrification de Villebichot et 1924 pour que les travaux d’installation chez les particuliers commencent. Les « écarts » et la maison forestière de Champjarlay seront reliés au réseau un peu plus tard . Moins urgent car la plupart des habitations étaient équipées de puits ou de pompage individuel, le réseau d’eau potable a été mis en place au début des années (19)50 après adhésion au syndicat intercommunal des eaux de Beaune sud . un terrain de sport avec piste cendrée, sautoir, barre d’exercices et agrès fut crée en 1942. A la même époque un projet de piscine en plein air à deux bassins au déversoir du Meuzin avait été élaboré puis abandonné . La construction par des bénévoles de la salle des fêtes « L’étoile » vers 1950 avec sa troupe de théâtre, son orchestre, ses séances de cinéma avait provoqué une émulation qui n’a pas résisté à l’arrivée de la télévision et autres divertissements plus modernes. L’idée de l’aménagement d’un terrain de camping municipal vers le lavoir avait aussi fait la une du journal local dans les années 1960 mais sans se concrétiser.

Après une période d’engourdissement, Corberon s’est réveillé en créant le lotissement communal du « Cros Bourgeois » amenant de nouveaux habitants avec des enfants qui sont venus grossir les effectifs des écoles évitant ainsi des fermetures de classe. Des PME sont venues s’installer Cette renaissance s’est poursuivie sagement pour faire aujourd’hui de cette petite commune un lieu où il fait bon vivre.