L'Eglise Saint Hilaire

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Placée sous le patronage de Saint Hilaire, elle veille sur le village depuis de nombreux siècles entourée de son petit cimetière; Vers l’an 1000, à l'arrivée des rois Capétiens, on peut trouver dans les écrits la trace d'une « église neuve à Corberon >> ; En 1148, le pape reconnaît l'appartenance de l'église de Corberon au doyen Radulf de Beaune et à ses frères avec 23 autres églises de la région dont ils se partagèrent les revenus pendant les 25 ans qui suivirent ; En 1150, le pape Alexandre III met sous son protectorat pontifical l'église de Corberon et ses possessions

Jacques Bouton Seigneur de Corberon aurait fait élevé ou réparé les voûtes actuelles du sanctuaire et du choeur avant 1436; Pendant son veuvage (1467- 1479 ) il fit construire la chapelle Notre-Dame ; son fils Philippe Bouton l'acheva et la décora avec l’aide de sa femme Catherine de Dio. La date de la construction de la chapelle du midi n'est pas connue ; les matériaux employés (briques rouges) n'étant pas les mêmes que pour le reste du bâtiment (pierres), on peut penser que cette aile a été détruite et reconstruite

Notre écrivain local, Eugène Beauvois, a décrit l’édifice de façon claire et précise « Orientée régulièrement, le chevet tourné vers l’orient et l'entrée principale vers le couchant, elle est en forme de croix dont les deux branches ne sont pas symétriques. La branche du nord ou chapelle Notre-Dame donne sur la nef et est située le plus près de l'entrée. La chapelle du midi, plus près du chevet, communique avec le sanctuaire par une arcade et avec le choeur par une autre, le tout délimité par des arcs doubleaux. Le choeur, surmonté du clocher, est couvert d'une seule voûte, le sanctuaire de deux ; les trois voûtes sont consolidées par des arceaux qui se croisent diagonalement. Les quatre compartiments formés dans
chaque voûte par l'intersection des arceaux étaient ornés de figures aujourd'hui disparues ; les restes d’un blason sculpté sont encore visibles au centre. La paroi méridionale du sanctuaire a subit des remaniements après qu'un contrefort appliqué au milieu du chevet en eut bouché la fenêtre primitive (cette dernière existait encore au XVII ième et possédait des vitraux peints) ; une fenêtre fut percée coté midi pour éclairer l'autel. De même le mur nord a été percé d'une porte pour accéder à la sacristie actuelle ; entre l'arcade de la chapelle et le coin de la nef, les restes d'un encadrement de porte en pierre taillée sont encore visibles ; de même, à l'extérieur sur le mur sud de la nef se distinguaient avant les travaux de restauration les vestiges d'une fenêtre. »

Eugène Beauvois fut aussi à l’origine de la découverte de fresques murales lors de la réfection des enduits intérieurs de l'église en 1878 ; en raisons de leurs mauvais états, ces peintures ne furent pas conservées : une seule d'entre-elles a été reconstituée à droite de la fenêtre de la chapelle Notre-Dame ; a cette description peuvent se rajouter quelques précisions : en 1827 il est décidé de construire une tourelle à l'extérieur de l'église pour accéder plus facilement au clocher ( avant il fallait passer à l’aide d'une échelle par le trou d'homme visible au plafond du choeur) ; la cloche actuelle a été installée et consacrée en 1870 sous l'administration de P-E Beauvois et A Monnot et parrainée par Mr Pelletier de Chambure et Melle Antoinette Beauvois ; la date de construction de la sacristie est inconnue, par contre I'agrandissement disgracieux qui a disparu au cours des travaux de rénovation est postérieure à 1910. En 1985, au cours de la réfection du caillebotis situé sous les bancs de droite dans la nef, une dalle munie d’un anneau a été mise à jour ; une fois déplacée elle laissait apparaître un escalier en pierre qui s’enfonce dans l'eau. (crypte, tombeau ou entrée de souterrain ?

Quelques curiosités sont aussi visibles à l’intérieur de l’édifice ; Deux dalles funéraires du XVeme à l’effigie de Jacques Bouton et de l'épouse d'un des seigneurs de Corberon sont redressées dans la chapelle du midi depuis 1914; classées monuments historiques depuis 1908, elles étaient situées auparavant sur le sol de la chapelle Notre-Dame ; Malgré des dégradations perpétrées pendant la révolution, on peut encore lire sur celle de Jacques Bouton en vieux français << Cy gist noble et puissant seigneur, messire Jacqs Bouton,chir sg du Fay, de Courberon et de Glanon, leql a faict le chateaul dud Courberon et a fait et fondé ceste chapelle et trépassa…du…mil ccc…Priez pour lui » a ses pieds, sa devise « ailleurs jamais >> . Dans l’allée centrale et dans le chœur plusieurs dalles funéraires de particuliers sont restées en place ;. Plusieurs statues montent une garde silencieuse dans cette église où les offices se font rares en raison du regroupement des paroisses, un chemin de croix polychrome, de superbes fonds baptismaux et un charmant bénitier complètent l’ensemble. Il est fait mention de l'achat d'une horloge pour le clocher en 1910 ; sur de vielles cartes postales, le cadran apparaît carré; plus tard il est remplacé par un cadran rond en bois recouvert de zinc et peint qui bravera les intempéries jusqu'en 2003; à cette date le mouvement d'horlogerie d'origine, un petit chef d’oeuvre valant le coup d’œil mais qui nécessitait un remontage des contrepoids par semaine, a été remplacé par un système électrifié.
La toiture, les enduits extérieurs, une partie de l’intérieur ont été restaurés en 2004-2005, le coq a été remplacé ainsi que les cadrans de l’horloge. Enfin, l’agrandissement disgracieux de la sacristie a été démoli.
En résumé, c'est un charmant petit édifice qui veille sur le village et bien que n'ayant pas le rang de monument historique mérite une petite visite