Vie à la Campagne

L’agriculture a toujours occupé une place très importante dans la vie économique de la commune . Les techniques agricoles ont beaucoup évolué, la mécanisation a tout envahi, la rentabilité est une nécessité pour la survie des exploitations qui ont du s’agrandir, la pénibilité de certaines productions et l’aspiration des jeunes générations à une meilleure qualité de vie expliquent toutes ces transformations .

Dans cette région de polyculture, l’élevage prédominant justifiait les surfaces importantes en prairie et en cultures fourragères ; les archives municipales nous révèlent qu’en 1836 ,il existait une centaine d’exploitation agricole et un troupeau comprenant 322 bovins, 350 ovins, 110 porcins et 78 chevaux ; un pâtre communal était chargé de conduire les bêtes dans les prés communaux . Les cultures se répartissaient de la façon suivante : 160ha de froment, 10 de seigle, 6 d’orge, 120 d’avoine, 6 de maïs, 6 de pomme de terre, 4 de légume sec, 55 de prairies naturelles, 10 de colza, 4 de chanvre et 169 de jachères sans oublier la vigne qui occupait 32 ha ( des écrits de 1350 attestent que cette dernière production existait déjà sur le territoire de Corberon à cette date)

Un siècle plus tard, peu de chose ont changé, le nombre d’exploitation (dont 74 entre 1 et 10 ha, 17 entre 10 et 20ha, 5 entre 20 et 30ha, 4 de 30 ha et plus) reste stable, le troupeau n’évolue guère, les jachères ont laissé un peu de place aux betteraves fourragères et aux prairies artificielles, en revanche la crise du phylloxera a failli avoir raison de la vigne qui de 45ha en 1882 était descendue à 8 ha pour remonter à 32 ha en1909. la disparition de cette production sera néanmoins inévitable.
Un premier tracteur est recensé en 1930 ainsi que 36 faucheuses, 16 moissonneuses-lieuses, 1 batteuse de plus de 100qx/jour, 8 batteuses de 40qx/jours (rendement moyen pour le blé :15qx/ha),12 pressoirs à bras, 35 écrémeuses entre autre matériel agricole.

Quand arrive le milieu du 20iéme siècle, l’exode rural bat son plein et la mécanisation s’impose régulièrement pour remplacer les bras partis chercher du travail en ville. Les tracteurs remplacent peu à peu les chevaux. En 1970, 24 tracteurs sont dénombrés, 7 moissonneuses batteuses, 8ramasseuses-presses. L’élevage bovin évolue également et se tourne vers les races à viande. Corberon compte encore en 1980 3 producteurs laitiers, 1 éleveur de charolais et 1éleveur naisseur porcin. Le nombre des exploitations a baissé (17 en1988, 11 en 2000, 6 en 2014) et leur surface augmenté ; actuellement les céréales et oléagineux sont les principales productions, les prairies ont presque totalement disparu ainsi que l’élevage sous toutes ses formes : « adieu veau, vache,cochon, couvées » !